Réflexion autour du CD par Laurent Korcia
Cinéma Paradiso (1988)Musique d’Ennio et Andrea Morricone pour le film de Gïuseppe Tornatore, Cinéma Paradiso. It Ain’t Necessarily So (1959)Musique de George Gershwin, présente dans le film Porgy and Bess de Otto Preminger.Nonchalance, liberté, détachement, dérision, cette musique porte la culture noire américaine, le swing quelque chose de gospel, de scat; responsoriale parodie qui tourne en dérision les spirituals et gospels; mélange de jazz et de musique savante. Tout cela est contenu dans le film interdit produit par Goldwyn. Intermezzo (1936)Musique de Heinz Provost, dans le film de Gustaf Molander, Intermezzo.Il y a dans cette musique quelque chose de suranné, mais une classe, une retenue, une tendresse, une tristesse, de la résiliation avec pourtant une lueur d’espoir. Bouleversante expression des sentiments à travers la musique; telles ces pages composées pour les films muets qui avaient pour rôle de contenir en elles toute l’expression des comédiens. Cette page-là reflète à elle seule le passage du cinéma muet au cinéma sonore: dans la scène du film de Molander, pas besoin de paroles. La musique parle. Mission impossible (1966)Musique de Lalo Schifrin pour la série culte de Bruce Geller, Mission Impossible.Second degré décapant de cette partition James Bondesque de Lalo Shifrin, où le drame se trame, où l’intrigue se tisse, et où l’on s’attend à voir surgir un agent secret de la bouche d’un clown géant à ressorts, dans une voiture suréquipée récupérant sa chute par l’ouverture de milliers de micro-parachutes faisant atterrir le véhicule, l’air de rien, dans les jardins de La Maison blanche où là, une sublime créature accueille notre super-héros en lui ouvrant la portière à la seconde de son atterrissage... Dansas espanolas #5 (1993)Musique de Granados utilisée par Almodovar pour son film Kika.Parce que les films d’Almodovar sont des danses espagnoles, parce qu’ils sont pétris d’extravagances jusqu’au-boutistes, parce que leurs couleurs sont franches, parce que leurs personnages ont des personnalités radicales, parce qu’il n’y a pas de demi-mesures, parce que les contrastes y sont affirmés, pour toutes ces raisons et bien d’autres encore, on comprend le choix d’Almodovar pour cette pièce de Granados. Les Valseuses (1974)Musique de Grappelli pour le film de Bertrand Blier, les Valseuses.Ça part d’un rien, puis un chant s’élève, grandit, s’envole haut, très haut, prend des formes inattendues, contorsions improbables, postures surprenantes; il atteint des sommets, y reste un instant, jetant un œil sur la vue, sublime, puis d’un coup, retombe, et s’estompe. Telle est la vie. Tel est l’amour. Moon River (1961)Musique de Henry Mancïni pour le film de Blake Edwards Diamants sur Canapé.Candeur, grâce, naturel, innocence, tout Audrey Hepburn est dans cette chanson dont l’interprétation par elle-même est sans aucun doute la version la plus touchante parmi toutes. Smile/Weeping Willows (1957)Musiques de Chaplin pour ses films Les Temps Modernes (1936) et A King in New York.La vie est-elle une danse triste, un imbroglio de sentiments, une blessure que cache un sourire? Comme disait Jean-Luc Godard: «Charlie Chaplin est au dessus de tout éloge, puisqu’il est le plus grand». Schindler’s List (1993)Musique de John Williams pour le film de Steven Spielberg, Schindler’s List.Dedicated to ail who were impacted by nazi fury. Life will always win... Pour accompagner le film de Spielberg basé sur la nouvelle de Thomas Keneally, John Williams a retenu ici le mystère, la lumière, le désir de vivre. In the Mood for Love (2000)Musique de Shigeru Umebayashi pour le film de Wong Kar-Wai, In the mood for Love.Dans ce chant au regard baissé, sont contenus les non-dits, les silences, les gestes infimes des deux protagonistes dont l’amour tragiquement emprisonné par les carcans culturels et sociaux aura brièvement raison. Speak Softly Love (1972)Musique de Nino Rota, pour le film de Francis Ford Coppola, Le Parrain.Indissociable musique-miroir de cette fresque opératique de Coppola. Por una cabezza + La Comparsita (1959)Musique de Carlos Gardel et de Gerardo Matos Rodriguez, utilisées pour le film de Martin Brest Scent ofa Woman (1992) et le film de Billy Wilder, Some like it Hot.Tout simplement. Summertime (1959)Musique de George Gershwin; film Porgy & Bess d’Otto Preminger.On en reviendra toujours à la version de Billie Holiday... L’innocente (1976)Musique de Franco Mannino pour le film de Luchino Visconti, L’Innocente, d’après la nouvelle de Gabriele d’Annunzio.Longue phrase tellement viscontienne, adagio empli de ce souffle mahlérien qu’on ne peut pas ne pas avoir en arrière plan, celui de l’Adagietto de la 5ème symphonie de Manier de Mort à Venise (1971); reflet d’un univers psychologique silencieusement douloureux, calmement torturé, inéluctablement dramatique. Danse Macabre (1939)Musique de Camille Saint-Saëns, utilisée dans le film de Jean Renoir, La Règle de Jeu.Danse macabre d’une société désœuvrée s’activant vainement pour tenter de sentir un soupçon de mordant dans le vide inconscient de son existence; déprimante suractivité de pantins en chair et en os, observés et mis en scène sous l’œil de Jean Renoir qui a eu le génie de ce choix musical. Someday my prince will come (1937)Musique de Franck Churchill, paroles de Larry Morey, dans le film de Walt Disney, Blanche Neige et les Sept Nains.Ce thème a marqué toutes les petites filles, et les grandes, et inspiré magistralement Bill Evans et Miles Davis. Une valse, une invitation à la danse de la vie, à ce qu’il est permis d’espérer qu’elle aura de merveilleux, d’enivrant, de palpitant. Sacré Walt!... |


