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L'EXPRESS / VENDREDI 11 MARS 2011

Le grand retour de Stephen Kovacevich

Le grand retourGéant du clavier capable de triompher des sommets beethovéniens, Stephen Kovacevich, invité des Grands interprètes à Neuchâtel, donnera un récital mercredi au temple du Bas. Ce concert, enregistré par Espace2, la Télévision suisse romande et Arte, sera intégré au film « Bloody Daughter » réalisé par Stéphanie Argerich.

Stephen Kovacevich est né en 1940 à Los Angeles. Il fait ses débuts à l’âge de 11 ans. A 17 ans, il obtient une bourse quil econduit à Londres où il travaillera avec Lady Myra Hess. D’abord, il est connu sous le nom de Bishop, son père était croate. Plus tard, il ajoutera Kovacevich, le nom de sa mère et supprimera Bishop. Même si les données sont fragmentaires et parfois contradictoires, la biographie de Stephen Kovacevich a quelque chose d’énigmatique qui, jointe à des facultés artistiques hors du commun, crée la légende. On retrouve Stephen Kovacevich, soliste ou partenaire des orchestres les plus célèbres, sur les scènes du monde où il remporte des succès retentissants. Son toucher, exemplaire, révèle un constant approfondissement de son art.

On s’arrache ses disques, en particulier les 32 sonates de Beethoven. Et puis, soudain, le silence. Pétrifié dans sa légende, gagné par la pression de la performance, par le trac, Stephen Kovacevich veut interrompre sa carrière. Ses amis, pour qui il est une référence absolue, parviennent à le persuader de poursuivre l’aventure. Il aborde alors la direction d’orchestre et depuis ses débuts, en 1984, avec le Houston Symphony Orchestra, il n’a cessé de diriger différentes formations dans le monde. Il se tourne aussi vers la pédagogie. Les étudiants de la Haute Ecole de musique (HEM) auront la grande chance de suivre à Neuchâtel les master classes dirigées par le maître. Mercredi au temple du Bas, Stephen Kovacevich jouera Beethoven. Les « Bagatelles » op 126 précéderont la sonate opus 110, sans doute la plus émouvante des trente-deux sonates de ce compositeur, celle qui combine en son finale une construction mêlant récitatif, arioso et fugue. Et c’est dans la puissance de la sonate D 960 de Schubert que le pianiste terminera le concert./DDC

Journaliste : Denise de Ceuninck

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